Les requins sont pêchés et capturés en grand nombre depuis longtemps, soit par des pêcheries ciblées sur les requins, soit en prises accessoires. Ni les données de l’Organisation des Nations Unis pour l’Agriculture et l’Alimentation (FAO) ni celles de l’Organisation Mondiale des Douanes (OMD) ne peuvent être utilisées pour identifier les besoins de conservation spécifique aux espèces. Bien qu’au cours de leur dernière réunion au mois de février 1999, le Comité pour la pêche de la FAO ait adopté un Plan d’actions international pour la conservation et la gestion des requins, peu de progrès ont été accomplis par la FAO ou par les pays membres pour mettre en oeuvre ce plan. Actuellement, seule la CITES offre des véritables moyens de suivi du commerce international au niveau spécifique, pour les espèces inscrites à l’Annexe II.

Les trois espèces de requin concernées par les propositions sont toutes sensibles à leur exploitation, du fait de leurs faibles taux de reproduction et de croissance, leur longue période de gestation et leur maturité tardive.

La principale menace qui pèse sur le requin baleine est le développement des pêcheries non gérées de façon durable pour répondre à la demande internationale d’ailerons et de viande de requin dans les pays de l’Asie de l’est. La pollution côtière peut également être une menace pour cette espèce qui se tient souvent à proximité des côtes.

De par son habitat côtier, son comportement alimentaire et son caractère placide, le requin baleine est très exposé aux captures. La demande croissante du commerce international pour la viande, la peau et les ailerons de requin baleine font peser une menace sur cette espèce

La plupart des pays n’ont pas de plan de gestion pour le requin baleine. Dans le même temps, le braconnage a encore lieu aux Philippines où la pêche de cette espèce est interdite. De nouveaux sites de pêche se sont développés en Malaisie et en Inde pour répondre à la demande internationale croissante de produits issus du requin baleine. Si la pêche continue de façon anarchique et incontrôlée, on peut s’attendre à une chute de la population comme l’ont précédemment démontré des études menées aux Philippines, aux Maldives et à Taiwan.

Les requins baleines sont de grands migrateurs qui effectuent des milliers de kilomètres entre les différentes zones d’alimentation englobant plusieurs pays, rendant les protections locales et nationales inefficaces sans une coopération internationale. Les menaces qui pèsent sur le requin baleine doivent être maîtrisées par une protection internationale de l’espèce, portant plus particulièrement sur la régulation ou l’arrêt de la pêche et du commerce.