Naguère, les pêcheurs du Pérou nommaient El Niño - en espagnol : l'Enfant Jésus, ce courant chaud de l'océan Pacifique, qui se manifestait au printemps ou à l'été dans l'hémisphère nord et qui s'intensifiait jusqu'à atteindre son maximum vers Noël pour ne cesser qu'en mai ou juin de l'année suivante. On se rendait compte de son arrivée, car les eaux froides, normalement très riches en plancton, ne contenaient plus autant de poissons : ces derniers mourraient ou se dirigeaient au sud vers le Chili.

Ce grand changement climatique, le plus important après les saisons, fut découvert au cours des années 20, par un scientifique britannique, Sir Gilbert Walker qui a établit une corrélation entre la pression barométrique aux stations météorologiques à l'ouest et à l'est du Pacifique. Il a remarqué un effet de balance: si la pression augmentait à l'est, elle diminuait à l'ouest et vice et versa.

Vers les années '60, un autre scientifique, Jacob Bjerknes, fut le premier à remarquer un lien entre les températures superficielles anormalement chaudes de l'océan, les alizés qui diminuent et les précipitations abondantes. Il a finalement reconnu que les eaux chaudes du El Niño et le jeu des pressions atmosphériques de Walker faisaient partie du même phénomène.

Cette interaction entre l'océan et l'atmosphère touche particulièrement le climat en Australie, en Afrique, dans l'Asie du Sud et dans les régions tropicales de l'Amérique.