Cet ancien baliseur a d’abord connu les rudes conditions de la mer du Nord, puis la retraite venue, il a échappé à l’agonie honteuse au fond d’une darse oubliée. Un amoureux des vieux gréements l’a adopté, lui a planté trois mâts, l’a motorisé, puis lui a fait traverser l’Atlantique pour venir jouer les « bateaux charters » aux Antilles lorsque soufflaient dans les voiles des parfums d’herbes exotiques. Puis, la caisse du bord une fois vide, le Nahoon a connu le sort de tous les bateaux trop grands et trop chers à entretenir … Boîte de nuit, restaurant-bar flottant et autres galères… Enfin le rêve s’est achevé au fond de la mangrove de la baie de Fort de France. Aujourd’hui, par 35 m de fond, Le Nahoon semble s’approcher navigant encore et pour toujours, cap au large pour sa dernière et plus belle croisière. Une belle épave à ne pas manquer.